Monsieur Michel LIEBGOTT attire l’attention de Monsieur le Ministre chargé des Affaires européennes à propos de la future politique de cohésion économique, sociale et territoriale de
l’Union Européenne (UE) pour la période 2014-2020.
Pour les entreprises, les collectivités locales et les associations, les aides allouées dans le cadre de la politique de
cohésion économique, sociale et territoriale de l’Union européenne, au travers notamment du Fonds Européen de Développement Economique Régional (FEDER) et du Fonds Social Européen (FSE), sont
plus que déterminantes.
Or, comme vous le savez ces aides font l’objet actuellement d’une évaluation à mi-période (2007-2013) dans l’objectif d’un
nouveau règlement d’octroi pour la période contractuelle suivante, en l’espèce 2014-2020.
Soucieuse d’apporter sa contribution dans cette évaluation nécessaire à la préparation des prochains programmes,
l’Association des Régions de France en juin 2010 a rappelé à la Commission Européenne en charge de ce travail un certain nombre de principes, notamment leur opposition à la renationalisation,
même partielle, de la gestion de ces aides, la pérennisation voire l’augmentation des enveloppes prévues pour ces aides, l’opposition à ce que la politique régionale de cohésion sociale devienne
une variable d’ajustement du budget communautaire.
La Lorraine, dont je suis élu, est une Région qui s’inscrit dans cette logique d’action défendue par l’ARF. Elle souhaite
toutefois, très justement, que soit reconnu un statut spécifique pour certaines régions dites « en transition ».
En effet, la politique de cohésion sociale de l’UE vise essentiellement deux types de régions. D’une part, les régions
pauvres, dont le PIB par habitant est inférieur à 75% de la moyenne communautaire, auxquelles 82% des moyens de la politique régionale sont dédiés. D’autre part, les autres régions, sans
distinction entre elles, amalgamant de fait les régions avec un PIB de 76% de la moyenne avec celles dont le PIB est de 150% de la moyenne.
Avec un tel système, la Lorraine qui connaît actuellement très grandes difficultés socio-économiques (crise industrielle,
restructurations militaires…) se retrouve dans la même catégorie que la Bavière, la Lombardie, la Région de Londres et même le Grand Duché de Luxembourg, dont elle est frontalière, alors que les
besoins y sont fondamentalement différents.
C’est pourquoi la Région Lorraine, et c’est un souhait que je partage, propose que soit créée une catégorie de territoires
intermédiaires, dite de région en « soutien transitoire ». Cette catégorie rassemblerait les régions ni riches, ni pauvres, celles dont le PIB est compris entre 75% et 90% de la
moyenne de l’UE. Cette proposition permettrait une plus juste répartition des moyens de l’UE pour le développement de ses régions.
En France, outre la Lorraine, la classe des régions en soutien transitoire regrouperait 6 autres régions à savoir la Corse,
le Languedoc-Roussillon, la Picardie, le Limousin, le Nord-Pas-de-Calais et la Basse-Normandie.
Il souhaite donc connaître les intentions du Gouvernement sur cette question de la réforme de la politique européenne de
cohésion sociale et sur la proposition de la Région Lorraine qui a été soumise à la commission européenne.
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