Mardi 15 novembre 2011
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J'apprends que l'aide alimentaire de l'Union Européenne, qui était menacée à la suite d'une décision de justice, va être maintenue
pendant deux ans.
Après des mois de blocage, les pays de l'UE sont parvenus à un accord qui va permettre de le prolonger en 2012 et
2013.
Toutefois, les banques alimentaires n'obtiennent qu'un sursis puisque la ministre allemande de l'Agriculture, Ilse Aigner,
a clairement signifié lundi que l'Allemagne, principal contributeur au PEAD, n'envisageait aucune mesure sociale de ce type au-delà de 2014.
L'aide, fondamentale pour les banques alimentaires, menaçait de disparaître en raison de la fronde de six pays (Allemagne,
Suède, Royaume-Uni, Danemark, Pays-Bas, République tchèque) qui estiment que la politique agricole commune (PAC) n'a pas à financer l'aide aux plus démunis.
Ils s'appuyaient sur une décision d'avril 2011 de la Cour européenne de justice stipulant que le programme, lancé en 1986,
a dévié de son objectif initial, qui était d'utiliser les surplus agricoles engendrés par la PAC. Le budget avait été ainsi révisé pour 2012 à 113,5 millions d'euros.
Plus de 18 millions de personnes bénéficient chaque année du PEAD dans les vingt Etats membres participants.
Selon la Commission européenne, 51% des produits distribués en 2010 par les banques alimentaires provenaient de ce
programme. En France, l'aide aux plus fragiles en dépend à près de 70%.
Les banques alimentaires françaises, notamment Les Restos du Coeur, la Croix-Rouge et le Secours populaire, se réjouissent d'avoir évité le
pire mais s'inquiètent pour l'avenir.
"Si cette décision est un soulagement pour les plus démunis et intervient à temps pour parer à l'urgence 2012 et 2013, elle pose toutefois la question de l'après-2013, au moment où la situation
économique et politique exigerait que les liens humains et solidaires soient durablement tissés", déclarent-elles dans un communiqué.
"Face à la conjoncture, il est indispensable que les pouvoirs publics français comme européens renforcent le rôle clef des acteurs de l'urgence sociale", ajoutent-elles.