C'était un secret de polichinelle mais la décision prise aujourd'hui d'éteindre sine die
le P6, après le P3, est lourde de conséquences économiques et sociales pour nos territoires et elle résonne comme un nouveau coup de tonnerre pour la sidérurgie lorraine !
J'ai réuni ce matin les organisations syndicales, comme je le fais régulièrement, et toutes m'ont indiqué leurs craintes qui sont désormais malheureusement confirmées. ArcelorMittal fait une fois encore le choix du court terme, faisant du site de Florange une variable d'ajustement au gré des aléas d'une économie aux cycles conjoncturels toujours plus courts.
Cette stratégie est dangereuse pour l'emploi des salariés d'ArcelorMittal mais également pour toutes les entreprises connexes de sous-traitance et d'intérim. Elle l'est tout autant pour les outils de production qui faute d'investissements perdent régulièrement en compétitivité. Et que dire encore des conséquences pour le projet ULCOS pour lequel, avec les organisations syndicales, nous nous battons avec l'espoir d'en faire le fer de lance de ce site et un moyen de pérenniser la filière liquide ?
Les annonces concernant Arcelor Packaging sont également particulièrement inquiétantes. La direction semble s'orienter vers un plan pour les emballages qui oblige légitimement les organisations syndicales à faire valoir leur droit d'alerte. Là encore ce sont près de 700 emplois qui sont directement menacés.
On ne peut accepter de pareilles orientations d'un groupe qui a tout de même fait près de 2,5 milliards de dollars de bénéfice au seul 1er trimestre 2011 et qui décidément se préoccupe plus de finance et de rentabilité que de l'avenir de ses outils, de ses salariés et des territoires qui les portent si fièrement.
Je soutiens donc pleinement toutes les initiatives des organisations syndicales qui organisent d'ailleurs demain une manifestation à Florange. J'y participerai et j'y ai convié tous les maires et élus du bassin sidérurgique dès cet après-midi.
Comme je m'y suis engagé auprès des syndicats, dès demain, je vais également interpeller le Président de la République et lui rappeler que la continuité de la filière liquide, que le projet ULCOS, sont des engagements inscrits dans la convention d'ancrage territorial suite à la fermeture de Gandrange et qu'il ne s'agirait pas qu'ArcelorMittal se dérobe sous couvert de la conjoncture économique actuelle de ses obligations, d'autant que si la charge de production est réduite à bien peu en Lorraine, ailleurs en Europe elle est augmentée.
Michel LIEBGOTT
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