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attali1.jpgExtraits du compte rendu de la commission des affaires sociales qui s'est tenue le 24 mars
Audition de Jacques ATTALI


M. Michel Liebgott. Je suis surpris du ton employé par le président et M. Bur qui font preuve d’un pessimisme foncier et semblent découvrir que tout va mal. Nous, nous savons depuis longtemps que la société souffre mais aussi que, s’il y a des sacrifices à faire, ceux-ci sont aujourd’hui très mal répartis et pèsent toujours sur les mêmes. Car le problème de l’injustice fiscale ne se limite pas au bouclier fiscal, mais concerne aussi l’ensemble des niches fiscales qui minent notre système d’imposition. Or, comme M. Attali le fait remarquer, la réduction des inégalités sociales est indispensable et doit constituer un préalable à toute autre réforme. Par ailleurs, étant un élu de la Moselle, je souhaiterais connaître son sentiment quant à la mise en œuvre des Ecopolis, et en particulier du projet sur le site de Belval.
M. Jacques Attali. Je serai en mesure de répondre plus en détail d’ici deux mois, lorsque la commission aura travaillé sur tous ces sujets.

D’ores et déjà, je peux cependant commencer par rappeler que la société française ne mesure pas toutes ses chances, par exemple celle d’atteindre 3 % du PIB mondial alors que sa population ne représente que 1 % de la population mondiale, ou bien de voir certaines de ses entreprises figurer aux trois premières places dans les quinze plus importants secteurs économiques. Nous aurions toutes les raisons d’être optimistes. Cela étant, le pessimisme n’est pas forcément mauvais en soi, car il peut conduire à la lucidité. Mais, il tend à évoluer en résignation. Personnellement, je date cette évolution à 1986, lorsque de trop nombreux épisodes de cohabitation ont eu pour conséquence de paralyser l’appareil d’État, à partir du moment où une des branches de l’exécutif a intérêt à l’échec de l’autre.

Dès lors, autant la création d’entreprise est dynamique, notamment au travers du statut d’auto-entrepreneur, autant l’État et les collectivités locales restent bloqués. Ainsi, parmi les propositions de la commission, toutes les mesures relatives à la mobilité concurrentielle ont été mises en œuvre, ce dont il faut se réjouir, mais leur pendant social ne l’a en revanche pas encore été. Rien, ou presque, en ce qui concerne les blocages administratifs. La révision générale des politiques publiques s’est révélée inefficace, car elle suppose une forte volonté politique. À partir du moment où elle a consisté en une série de réunions partant de l’échelon du Président de la République pour s’achever à celui de sous-chef de bureau, ça ne peut pas marcher. Dans d’autres pays, comme le Canada ou le Brésil, cela n’a pas été le cas et les ministres qui ne réduisent pas leurs dépenses sont purement et simplement renvoyés (...)

M. Jacques Attali. Je serai en mesure de répondre plus en détail d’ici deux mois, lorsque la commission aura travaillé sur tous ces sujets.D’ores et déjà, je peux cependant commencer par rappeler que la société française ne mesure pas toutes ses chances, par exemple celle d’atteindre 3 % du PIB mondial alors que sa population ne représente que 1 % de la population mondiale, ou bien de voir certaines de ses entreprises figurer aux trois premières places dans les quinze plus importants secteurs économiques. Nous aurions toutes les raisons d’être optimistes. Cela étant, le pessimisme n’est pas forcément mauvais en soi, car il peut conduire à la lucidité. Mais, il tend à évoluer en résignation. Personnellement, je date cette évolution à 1986, lorsque de trop nombreux épisodes de cohabitation ont eu pour conséquence de paralyser l’appareil d’État, à partir du moment où une des branches de l’exécutif a intérêt à l’échec de l’autre.

Dès lors, autant la création d’entreprise est dynamique, notamment au travers du statut d’auto-entrepreneur, autant l’État et les collectivités locales restent bloqués. Ainsi, parmi les propositions de la commission, toutes les mesures relatives à la mobilité concurrentielle ont été mises en œuvre, ce dont il faut se réjouir, mais leur pendant social ne l’a en revanche pas encore été. Rien, ou presque, en ce qui concerne les blocages administratifs. La révision générale des politiques publiques s’est révélée inefficace, car elle suppose une forte volonté politique. À partir du moment où elle a consisté en une série de réunions partant de l’échelon du Président de la République pour s’achever à celui de sous-chef de bureau, ça ne peut pas marcher. Dans d’autres pays, comme le Canada ou le Brésil, cela n’a pas été le cas et les ministres qui ne réduisent pas leurs dépenses sont purement et simplement renvoyés.

Au-delà des niches fiscales, il faut évoquer les niches statutaires : chambres de commerce, organismes paritaires collecteurs agréés (OPCA), offices publics d’habitations à loyer modéré (OPHLM), départements et régions. Or, on continue à ne pas choisir : hormis la réforme de certaines chambres de commerce, rien n’a été fait, ou très peu, en matière de collectivités locales et de santé, alors que subsistent de considérables doubles emplois. Seul un succès mérite d’être signalé, celui de l’Agence nationale pour la rénovation urbaine (ANRU), dont le conseil de surveillance a efficacement défini la stratégie. Son action de réhabilitation des quartiers semble se révéler extrêmement efficace. Ce type de gouvernance aurait dû être mis en place dans d’autres secteurs administratifs.

M. Michel Liebgott. Dans ma circonscription, les services de l’équipement tentent malheureusement de s’opposer à une opération de l’agence qui fonctionne très bien.

M. Yves Bur. L’agence manque, en outre, de moyens financiers.


M. Jaqcues Attali. Tous ces problèmes illustrent une faible efficacité démocratique, et même parfois l’impossibilité de déterminer avec précision les vraies responsabilités. Les textes ne suffisent pas : il faut désormais réformer les machines chargées de les mettre en œuvre. Par exemple, il faut choisir entre région et département, rassembler leurs forces afin qu’ils mènent une action cohérente et sans doubles emplois. C’est une action difficile, car l’appareil d’État ne se réforme pas aussi facilement qu’une entreprise.

La conscience de la gravité de la situation existe, mais l’opinion publique reçoit en même temps des signaux contradictoires provenant aussi bien de ces fortunes sans rapport avec une production économique tangible que de ces statuts privilégiés dépourvus de justification. De ce point de vue, nous avons beaucoup de leçons à prendre de l’Allemagne.

S’agissant des « Ecopolis », ces villes écologiques dont la commission a suggéré la construction, celle-ci n’a pas été associée au choix des sites. Le secrétaire d’État au logement est soucieux de faire aboutir ce projet, mais faute des financements requis, il reste pour l’heure théorique.

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commission attali

masseret-fameck.jpgEn 2004, le socialiste Jean-Pierre Masseret était un challenger. En 2010, il est le président sortant. Cette position lui permet de « prendre des engagements mais pas de faire des promesses ».

Jean-Pierre Masseret interpelle un homme en tenue de cycliste, debout à côté de son vélo. «Vous avez bien roulé ?», interroge avec envie l’élu. «J’y vais seulement », répond le cycliste affûté. Durant la campagne, le président socialiste du conseil régional tire un trait sur ses sacro-saintes sorties en deux roues. Il s’adonne à un autre sport, celui qui consiste à sillonner la région jusqu’au premier tour de scrutin. «Il ne faut pas se démobiliser, l’électeur peut se décider au dernier moment, à la lecture de la profession de foi », insiste-t-il auprès des gens qui l’entourent.

Le marché de Fameck, et ses 180 commerçants installés les samedis matins au cœur de la cité, est une étape obligée du marathon électoral. Michel Liebgott, député-maire depuis 1989 de cette ville de 13 000 habitants aux 70 nationalités, l’accompagne. C’est d’ailleurs essentiellement lui qui est reconnu et salué. «Moi je vote pour vous Michel », annonce Zequir, d’origine Kosovare. «Mais je ne me présente pas ! », répond le maire. Devant l’embarras de l’électeur, il lui conseille de «voter pour Masseret, cela revient au même ». «Les gens comprennent l’enjeu des municipales et des présidentielles mais franchement, entre les deux, ils s’y perdent », estime Christine, fonctionnaire territoriale, croisée chez le fromager.
Une fois identifié, le président du conseil régional est sollicité. Une femme lui raconte ses déboires avec une association de personnes âgées, un homme se plaint du mauvais fonctionnement de la ligne 6 de la Trans Fensch, pour laquelle il n’y peut strictement rien. «En politique, rien ne laisse indifférent, glisse Jean-Pierre Masseret, vous êtes dans un mélange permanent de bonheur d’échanger avec les gens et d’angoisse face à l’importance des difficultés. » Alors que le cortège du candidat et de son escorte de militants chargés de distribuer les tracts est passé, un homme se retourne et murmure toute sa haine du politique que «l’on voit une fois par an ». «Certains vous détestent, d’autres vous admirent, vous êtes confronté à des sentiments tellement différents », comment le candidat qui, de tempérament, se dit «moins gêné par l’agression verbale que par l’excès de chaleur ».

Ça va décoiffer

En 2004, Jean-Pierre Masseret a mené une campagne de challenger, porté par la vague rose. Six ans plus tard, il est celui qui se représente, donc atteint du «syndrome du sortant» : «Depuis six ans, je suis aux affaires, je dois donc calibrer mes propos dans la réalité, je peux prendre des engagements mais pas faire de promesses. » Il illustre son propos par le projet esquissé par ses adversaires de créer une nouvelle ligne de chemin de fer entre Metz et Nancy. «C’est une connerie, personne ne voudra mettre un milliard là-dedans, d’autant que vous privez de liaisons les habitants du sillon à Frouard, Pompey, Pagny, Novéant…», lance-t-il, prêt à en découdre sur le sujet.
Le parti pris de sa campagne 2010, probablement la dernière de sa carrière, est d’être le «compagnon de route de la vie quotidienne des Lorrains». Les sondages nationaux donnent la gauche gagnante. En Lorraine aussi. Jean-Pierre Masseret, en politique d’expérience, connaît les pièges de l’excès de confiance. Il ose cependant une projection : «Si je suis réélu, la droite ne pourra plus dire que la gauche est illégitime en Lorraine, j’aurai plus de force encore et cela va décoiffer. » La remarque lui rappelle son rendez-vous chez le coiffeur, à Metz, à 11 h 30. Le passage au café-PMU de la place du Marché à Fameck est expédié. Jean-Pierre Masseret, pressé, salue les militants menés par Michel Liebgott, presque chauve. «J’ai pensé me raser complètement la tête, mais je ne sais pas si cela passerait auprès de mes électeurs », réfléchit ce dernier à voix haute, coquetterie mise à part.

Pierre ROEDER. - Article du RL (02/03/10)

xynthia.jpgFace aux conséquences dramatiques de la tempête Xynthia qui a traversé de part en part la France ce week end, je veux faire part de ma très grande émotion et dire combien notre Pays doit faire preuve de solidarité vis-à-vis des familles des victimes, trop nombreuses, et de tous ceux qui sont meurtris par cette catastrophe.
La puissance des éléments nous rappelle à quel point nous devons, plus que jamais, faire preuve d’humilité et revisiter complètement les normes de constructibilité dans ces secteurs particulièrement exposés et qui le seront encore plus demain avec le réchauffement planétaire et en conséquence la montée du niveau des océans.
Ce matin, je veux également saluer tous les fonctionnaires, les agents publics et les élus locaux qui sont sur le pont depuis des heures pour aller à la rencontre des personnes bloquées ou isolées, pour réparer les dégâts et tenter de rétablir une vie normale. C’est dans ces circonstances ô combien dramatiques, que l’on mesure la nécessité d’avoir des services publics et des collectivités locales puissants, efficaces et organisés.
Michel LIEBGOTT

cérémonie jumelage 7C'est avec un immense plaisir que je me suis rendu ce week-end à Raiano, dans la province des Abruzzes en Italie, pour la cérémonie officielle de jumelage avec Fameck. Avec mon homologue maire de Raiano, Enio MASTRANGIOLI, nous avons ainsi signé, au terme d'un protocole chaleureux et haut en couleurs, la convention de jumelage, finalisant ainsi un long travail de préparation de nos services et des associations de nos deux villes.
Lors de mon allocution, je suis revenu sur ce lien profond, cette histoire qui unit nos deux terres, de part et d'autre des Alpes, celle de l'immigration et de la fraternité. J'ai voulu rappeler combien ce lien France-Italie était fort. Depuis le début du XIXème siècle jusqu'au début des années 80, ce sont près de 6.5 millions d'Italiens qui ont rejoint la France, tout particulièrement vers nos terres industrielles et minières alors en plein essor (vallées de la Fensch, de l’Orne, Pays-Haut en Lorraine). Parfois, ce fut une vraie déchirure pour des familles entières, dispersées aux quatre coin de l’Europe, voire du Monde.
Ils y ont insufflé leur volontarisme, leur détermination et se sont mis au service de leur terre d’accueil sans renier leur identité culturelle. Ils ont été un modèle d’intégration. Alors que Nicolas SARKOZY nous a imposé un débat inutile et dangereux sur l’identité nationale française, je me suis plus à rappeler ces faits historiques, cette réalité qui montre que l’homme doit être respecté en tant qu’individu et non en tant que membre d’une nation.
Lors de ces quelques jours, je me suis également rendu compte à quel point les liens entre Fameck et cette belle terre montagneuse du centre de l’Italie étaient prégnants. J’y ai ainsi rencontré plusieurs anciens fameckois, dont les parents étaient des migrants, et qui sont revenus en Italie, tout en gardant des attaches avec notre territoire lorrain. 

 

signature_charte_jumelage_01.JPG

Avec le Maire de Raiano pour la signature de la convention

charte_jumelage.JPGPrésentation des conventions signées

kdo jumelage 5Traditionnel échange des cadeaux

mairie de raiano panneau 2

Panneau d'entrée de ville indiquant le jumelage avec Fameck

exploitation_vinicole_raiano_21.2.2010.5.JPG

Visite d'une exploitation vinicole artisanale de Raiano

fabrik-cheminee-groupe.JPGVisite d'une usine de fabrication de cheminées appartenant à une ancienne fameckoise (à côté de moi)

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