A quelques heures du Réveillon et de ses festivités, l’heure n’en n’est pas moins au bilan. En cela, l’année 2011 qui s’achève ne laissera malheureusement pas que de bons souvenirs. Outre les catastrophes naturelles d’autant plus meurtrières que la précarité et la surexposition sont grandes, on retiendra surtout de l’année écoulée l’approfondissement d’une crise économique et sociale qui n’en finit pas, en particulier en Europe.
Le chômage dans notre pays atteint ainsi des sommets inquiétants, notamment en raison d’une désindustrialisation qui s’est accélérée ces trois dernières années. Pas moins de 900 usines françaises ont été fermées sur cette période et près de 100.000 emplois supprimés en conséquence. Et notre Région, à qui l’on a fait tant de promesses, paie plus qu’un lourd tribut à cette déferlante puisque, d’après le Conseil Economique et Social de Lorraine, 10% des emplois supprimés en France l’ont été dans notre Région alors que nous ne comptons que pour 3,5% de la population française. Il est des chiffres qui parlent et qui interrogent !
En réponse, du fait du tarissement de l’argent public, de notre dépendance aux marchés et de sa volonté de préserver un triple A déjà perdu, le Gouvernement multiplie les plans d’austérité, appelant les français à toujours plus d‘efforts (augmentation de la TVA ou taxation des mutuelles de santé par exemple). Je pense pour ma part, comme l’a rappelé très récemment l’économiste Joseph Stiglitz, que l’austérité n’est pas la solution et que cela aggravera nos problèmes.
Nous avons au contraire besoin d’énormes efforts d’investissements en infrastructure, en technologie, en éducation et en santé. Seuls des investissements ciblés peuvent générer de l’activité et donc de la croissance. L’austérité et le sentiment d’un effort non partagé, car il faut bien faire là encore le constat d’un creusement des inégalités salariales dû à une politique fiscale particulièrement injuste, c’est aussi la tentation du repli sur soi pouvant nourrir tous les extrémismes. L’histoire enseigne sur le présent et souvent les mêmes causes ont les mêmes effets !
En décembre 2010, à l’occasion de mes vœux pour 2011, je faisais déjà le constat de la fragilité de nos sociétés, totalement à la merci des spéculateurs, sur la toile ou dans les salles de marché et m’interrogeais sur l’affaiblissement du politique porteur de tous les maux. Et bien, comme l’an passé, je crois que nous avons plus que jamais besoin d’une triple régulation démocratique, juridique et économique à l’échelle du monde sans quoi nous entrerons dans une ère de tous les possibles, y compris du pire.
En attendant, espérons que l’année 2012 soit empreinte des solidarités nécessaires et que les valeurs de Liberté, d’Egalité et de Fraternité continuent de guider notre République !
Michel LIEBGOTT
Courrier adressé au Directeur de l'ARS de Lorraine le 20 décembre 2011


