Inquiétante information que celle donnée par Nathalie Kosciusko-Morizet au détour de l'examen, par le Sénat, du projet de loi sur la
responsabilité environnementale (Le Monde 29/05/08). Selon ses propos, « la France a mal fait ses
calculs » à propos des quotas de CO² attribués aux industriels. En conséquence de quoi, la France risque de ne pas avoir suffisamment de crédits « carbone » à distribuer
aux industriels soumis au régime européen des quotas de gaz à effet de serre. Ceci n’est pas sans conséquence, car à partir du 1er janvier 2009, des
industriels, si aucune solution alternative n’est trouvée d'ici là, pourraient ne pas engager leurs projets d'investissement ou aller les réaliser ailleurs. C’est notamment le cas d’ArcelorMittal
Florange qui prévoit 330 millions d’euros d’investissement pour poursuivre ses activités dans la vallée de la Fensch.
Depuis 2006, je n’ai pas cessé d’interpeller le Gouvernement sur ce sujet, et nous voilà aujourd’hui à nouveau dans une situation
kafkaïenne. Encore très récemment, dans un communiqué de presse daté du 08 avril dernier, j’indiquais que l’Etat ne pourrait plus dire qu’il ne savait pas à propos des quotas de CO² à
affecter ! A l’évidence, cela n’aura pas suffit. Ainsi, l’Etat aurait une réserve de 2.75 millions de tonnes par an alors qu’un dernier recensement des
projets correspondants à de potentiels nouveaux entrants évaluerait les besoins de quotas à 9 millions de tonnes par an. Mme Kosciusko-Morizet a même précisé que cette évaluation était
probablement sous-estimée. Il manque donc au minimum 6 millions de tonnes, ce qui représente au cours actuel du carbone (26 €/t le 29/05/08), plus de 150 millions d’euros à compenser. Mais par
qui ?
Michel LIEBGOTT
M. Michel Liebgott interroge M. le secrétaire d'État à la défense, chargé des anciens combattants, sur le sort des femmes d'Alsace Moselle enrôlées dans le RAD KHD. Les
alsaciens mosellans enrôlés dans le RAD (Reichsarbeitsdienst ou service de travail obligatoire pour le Reich) ou le KHD (Kriegshilfdienst ou service pour l'effort de guerre) ont pu faire l'objet
d'accords franco allemands même si certains problèmes ne sont toujours pas résolus, ainsi qu'il décline l'historique dans la réponse qu'il a faite à sa question publiée au Journal Officiel le 20
novembre 2007. La Fondation franco allemande chargée de régler ce contentieux a prévu la reconnaissance et l'indemnisation des enrôlés de force dans l'armée allemande au nombre de 130000, mais a
de fait, exclu les femmes qui travaillaient sous la contrainte, que le statut soit celui de RAD ou de KHD, au service de l'Allemagne nazie pour n'être pas considérées comme avoir été
combattantes. La contrainte et le travail forcé au service de l'effort de guerre nazi étaient pourtant une réalité bien cruelle. Jean Laurain, ancien Président de la Fondation et prédécesseur de
votre département ministériel avait accepté d'indemniser les femmes concernées sous réserve que l'État français règle la moitié de l'indemnisation. L'État n'a pas réagi puisque son analyse se
fonde sur le fait de ne pouvoir être rendu responsable de « crimes » commis par un État ennemi. En 1996 cependant le ministère propose d'indemniser les femmes à hauteur de 50 % de la somme due
aux hommes incorporés, considérant que le préjudice subi n'est pas comparable et donc implicitement moindre. Celles qu'on appelle les Malgré elles, en comparaison aux Malgré nous incorporés de
force, ont certes obtenu en 1998 une reconnaissance officielle mais non accompagnée d'une indemnisation, sachant qu'elles ont considéré comme une aumône la précédente proposition qui de façon
symbolique ramenait leurs souffrances à la moitié de celle des hommes. Il lui demande donc où en est ce dossier, de le tenir informé des suites qu'il compte lui réserver en concertation avec les
autorités allemandes et de faire en sorte que les femmes, à l'instar des hommes, ayant servi de force dans le RAD KHD puissent faire valoir leur droit à une juste indemnisation.
Le secrétaire d'État à la défense et aux anciens combattants est conscient de la situation des anciens incorporés de force dans les formations paramilitaires allemandes du
Reichsarbeitsdienst - RAD et du Kriegshilfsdienst - KHD -, pendant la Seconde Guerre mondiale. S'agissant de l'accès des intéressés à l'indemnisation versée par la République fédérale d'Allemagne
aux incorporés de force dans l'armée allemande, l'accord franco-allemand du 31 mars 1981 a permis d'indemniser les anciens incorporés de force dans l'armée allemande pendant la Seconde
Guerre mondiale, ce qui a bénéficié à un peu plus de 86 500 personnes qui ont perçu une indemnisation d'un montant d'environ 1 387 EUR. Reste aujourd'hui en suspens le problème de
l'indemnisation éventuelle des personnes qui ont été requises dans les formations paramilitaires précitées et qui n'ont pas participé aux combats sous l'uniforme ennemi. Ces auxiliaires seraient
aujourd'hui au nombre de 3 000 à 4 000 et demandent une indemnisation qui pourrait être d'un montant inférieur à celle dont ont bénéficié les « Malgré-nous ». La fondation franco-allemande n'a
pas souhaité jusqu'à présent souscrire à cette demande d'indemnisation. Dans ces conditions, il a été décidé, à la demande du Président de la République, de confier au préfet honoraire Mahdi
Hacene, ancien préfet de la région Alsace et de la région Lorraine, une mission de réflexion, afin d'examiner les moyens d'aboutir rapidement à une décision. M. Hacene, dont l'étude portera
également sur tous les problèmes autres concernant les « Malgré-nous », et éventuellement les patriotes réfractaires à l'annexion de fait (PRAF), déposera son rapport le
1er juin 2008.
Dans le cadre de la discussion du projet de loi sur la réforme des institutions, grace à un amendement surprise faisant suite au débat inédit
auquel j'ai participé au début du mois de mai, le tabou des langues régionales a peut-être été levé. Cet amendement vise en effet à inscrire la reconnaissance des langues régionales dans la
Constitution. "Les langues régionales appartiennent au patrimoine" de la Nation, précise cet amendement voté par la majorité et l'opposition. Une formule qui complètera désormais l’article
premier de la Constitution disposant que la République est indivisible, laïque, démocratique et sociale.
Breton, alsacien, francique, catalan, corse, occitan, créole, béarnais, picard, flamand, basque... on compte en France pas moins de 75 langues régionales.
A ma demande s’est tenue ce matin en Préfecture de Moselle, une réunion de travail
entre les services de l’Etat, la Communauté d’Agglomération du Val de Fensch, les nombreux maires de la vallée, le SEAFF, le collectif de défense des communes minières, et pour la première fois,
CORUS RAIL et ARCELORMITTAL, à propos des conséquences du débordement du bassin nord dans la rivière Fensch.
A l’issue de celle-ci, avec Christian ECKERT, Député de Meurthe-et-Moselle et Président du
SEAFF, et Philippe TARILLON, Président de la Communauté d’Agglomération du Val de Fensch, nous repartons plus inquiets qu’en arrivant. Ce sont bien des sentiments de regret et d’inquiétudes qui
nous animent encore.
Regret d’abord, car le BRGM n’a
pas participé à cette réunion alors qu’en réponse à la question posée par Christian ECKERT à l’Assemblée Nationale le 06 mai dernier, Christian BLANC avait indiqué que c’est le BRGM qui suivait
de près ce dossier.
Inquiétudes ensuite, en raison du flou
des réponses des services de l’Etat s’agissant des capacités de la Fensch à absorber des débits supérieurs aux 4 m3 /s mesurés à la fin du mois de mars. En effet, tout en indiquant que
les niveaux d’eau n’ont rien d’anormal et en justifiant l’épisode de fin mars comme lié à une pluviométrie importante, sur la base d’études anciennes, ils reconnaissent tout de même l’existence
de points noirs, de tronçons et d’ouvrages où l’eau ne pourra pas s’écouler correctement. Pourquoi dès lors ne pas l’avoir indiqué plus tôt, avant même l’ennoyage voulu par l’Etat et refusé
par les élus locaux ? Pourquoi également ne pas avoir programmé des travaux de calibrage à la charge de l’exploitant, avant la fin du pompage ou avant le renoncement de la concession
Bassompierre ?
A l’évidence, et de l’avis général, les
travaux engagés par la Communauté d’Agglomération du Val de Fensch, tels que demandés initialement par l’Etat à hauteur de 5 millions d’euros, ne seront pas suffisants. Selon les estimations
établies par le Val de Fensch, il faudrait y ajouter plus de 11 millions d’euros de travaux à partager entre des ouvertures de la Fensch, des calibrages d’ouvrages, des réfections de murs et la
création de bassins de rétention. Nous considérons que des mesures peuvent et doivent être engagés pour réguler l’écoulement des eaux dans le bassin versant de la
Fensch.
Dès lors les questions du financement et de la
responsabilité se posent. Et de ce point de vue, là encore aucun engagement précis n’a pu être obtenu. Certes, il a été évoqué la possibilité de dégager à cet effet des crédits européens et du
fonds Barnier, mais rien de concret et définitif. Dans tous les cas, nous serons particulièrement vigilants, car il ne s’agirait pas que ces crédits viennent ponctionner ceux que les
collectivités concernées pourraient obtenir pour d’autres opérations.
C’est pourquoi, nous demandons la mise en œuvre rapide d’une étude hydraulique pour définir précisément les nouveaux travaux à engager et la mise en place d’un groupe de
travail pour suivre l’évolution de ce dossier qui préoccupe les élus locaux, leur population et les entreprises, notamment CORUS Rail Hayange.
Par ailleurs, ainsi que nous l’avions déjà évoqué, avec Christian ECKERT, nous allons
demander la création d’une commission d’enquête parlementaire sur ce dossier.
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