Monsieur le Président,
Après avoir confirmé, début avril, la fermeture de l’aciérie et du TAB de l’usine de Gandrange, Lakshmi MITTAL, dans le quotidien
économique Les Echos daté du 21 avril dernier, tout en précisant que la « porte de Gandrange n’est pas fermée », vient de confirmer la volonté d’ArcelorMittal d’investir 330 millions
d’euros dans l’usine intégrée située dans la vallée de la Fensch, entre Hayange et Florange.
Cet engagement
considérable, bien qu’assorti de conditions de gains de gestion à hauteur de 150 millions d’euros, vise à remettre en état les outils de la phase liquide, notamment les hauts-fourneaux et
l’aciérie, pour les rendre opérationnels, viables et exploitables bien au-delà de 2012.
Il a par ailleurs insisté
sur son ambition d’engager, en Lorraine, un projet pilote de captage-stockage du CO², pour lequel il est disposé à investir 300 millions d’euros supplémentaires.
Ce procédé, déjà développé par Arcelor avant la fusion avec MittalSteel au travers du programme de recherche ULCOS, est aujourd’hui encore au
stade expérimental. Il doit permettre à termes, et dans une phase opérationnelle, de réduire considérablement la pollution des sites sidérurgiques et répondre ainsi aux objectifs du protocole de
Kyoto, aux directives européennes et aux impératifs économiques consécutifs à la mise en place du marché régulé des émissions atmosphériques de carbone, dont les cours ont fortement progressé
depuis sa création.
Cette volonté d’investissement dans les technologies industrielles propres doit être saluée
et encouragée. La Lorraine, avec ArcelorResearch et le Pôle de Compétitivité sur les Matériaux Innovants et les Produits Intelligents (MIPI), dispose de ressources humaines et technologiques de
très haut niveau qui en font une région capable d’accueillir des programmes de recherche et développement d’une telle ampleur.
Constatant que Lakshmi MITTAL appelle, dans le même quotidien, l’Etat français à investir financièrement dans ce projet, évoquant même « sa préférence » pour notre
Pays dans le cadre de la compétition européenne pour sa réalisation, il me semble important, dès à présent, d’entendre favorablement ses requêtes et de tout mettre en œuvre pour que des projets
aussi importants et structurants pour notre Région, qui a tant souffert de restructurations industrielles successives, soient réalisés.
Dans l’attente de votre réponse, je
vous prie de croire, Monsieur le Président de la République, en l’expression de ma très haute considération.
Monsieur le Préfet,
Le 04 avril dernier, la société ArcelorMittal, en refusant le contre-projet industriel défendu par les organisations
professionnelles, a confirmé sa volonté de fermer deux des trois entités industrielles du site de Gandrange, en l’espèce l’aciérie électrique et le TAB.
Le leader mondial de l’acier a confirmé que cette restructuration industrielle ne se traduirait pas par des « licenciements secs »,
puisqu’une offre d’emploi, sur les sites de Florange ou de Schifflange, sera proposée à tous les salariés du groupe.
Au-delà de la perte d’emplois industriels pour notre bassin de vie, de l’ordre de 470 si l’on tient compte du nouveau plan d’investissement récemment annoncé par la direction
d’ArcelorMittal, c’est à présent la question de l’impact sur la sous-traitance et sur l’emploi intérimaire, mais également l’aide au tissu économique et commercial local concerné, qui doit nous
préoccuper.
Quand bien même ArcelorMittal organise une redistribution des emplois dans son propre périmètre pour
éviter des licenciements, la société est tenue, au regard de la loi, de contribuer à la revitalisation du bassin d’emploi. Les articles R 321-17 et R 321-23 du code du travail stipulent en effet
qu’il appartient au Préfet d’apprécier le déséquilibre du bassin d’emploi en tenant compte notamment du taux de chômage et des caractéristiques socio-économique de l’espace géographique impacté,
mais également des effets de la restructuration sur les autres entreprises de ce ou ces bassins d’emplois. L’ensemble des mesures compensatoires à imaginer et à engager doit faire l’objet d’une
convention entre le représentant de l’Etat et la direction d’ArcelorMittal France.
A deux reprises déjà depuis
l’annonce de la fermeture de l’aciérie et du TAB, vous avez réuni les différentes parties intéressées (entreprise, organisations syndicales, élus locaux, services de l’Etat), pour connaître
l’avis de chacun et pour tenter d’infléchir la décision de fermeture.
Aujourd’hui, alors que nous entrons dans
une nouvelle phase réglementaire, et afin de poursuivre la démarche de concertation que vous avez initiée, je crois utile que vous réunissiez de nouveau les mêmes participants pour évoquer la
question de la revitalisation économique du bassin (au regard des conséquences pour la sous-traitance et les emplois intérimaires, y compris pour le site de Florange) et les mesures
compensatoires que vous comptez demander à l’industriel.
Dans l’attente de votre réponse, je vous prie de
croire, Monsieur le Préfet, en l’expression de ma très haute considération.
Michel LIEBGOTT était l'invité de l'émission Bienvenue chez Vous, présentée par Jean-Luc BERTRAND et Marylène BERGMANN, pour évoquer la baisse du pouvoir d'achat.
Pour voir la vidéo, cliquez sur le lien suivant:
http://bcv.rtl9.com/emissions/bienvenue_chez_vous/?flv=49
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