Partager l'article ! Une politique industrielle pour notre pays, pour notre région: La sidérurgie mondiale connaît un essor exceptionnel, tirée par la croissance ...
La sidérurgie mondiale connaît un essor exceptionnel, tirée par la croissance des deux géants démographiques planétaires, la
Chine et l’Inde. Les productions se sont accrues de 8% l’an dernier à l’échelle monde pour atteindre 1.3 milliard de tonnes par an. Sur ce marché mondial, beaucoup moins erratique qu’autrefois,
la part du leader mondial ArcelorMittal, issu de la fusion emblématique en 2006 d’Arcelor et de Mittalsteel, ne représente même pas 10%. C’est dire si les marges de concentration demeurent. C’est
dire s’il faut encore s’attendre à des mouvements importants de fusion-acquisition, dans une économie globale hyper financiarisée.
Dans ce contexte, la décision de suppression de 595 emplois dans l’usine de Gandrange en Moselle, qui avait été présentée comme la vitrine
sociale du groupe au moment de l’OPA sur Arcelor, est particulièrement mal vécue par toute une région, qui a déjà tant souffert de plans de restructuration massifs. Et qui souffre encore d’une
absence totale de politique industrielle, en dépit des grands discours du Président de la République sur le sujet. Les chiffres sont éloquents. L’industrie lorraine a perdu l’an passé 4500
emplois industriels, c’est-à-dire 11% du total national alors que la région ne compte que pour 3% de la population française. Ces suppressions d’emplois sont également inacceptables au regard des
bénéfices astronomiques réalisés par le groupe ArcelorMittal, 6.3 milliards d’euros en 2006 et autant, sinon plus, attendus en 2007, alors que le site a connu des bénéfices en 2003, 2004.
L’intersyndicale, les salariés ont adopté une démarche constructive en demandant un moratoire pour proposer un contre-projet industriel, dont la réalisation sera assurée en lien avec le cabinet
SYNDEX. C’est un site viable avec peu d’investissements dans les outils et dans la formation, les syndicats en sont convaincus et s’activent pour le démontrer.
Les dirigeants d’ArcelorMittal, et notamment Lakshmi Mittal, jouent avec les Etats en Europe. Ils demandent des quotas de CO² pour préserver
des sites, usant même du chantage comme ils le font actuellement en Belgique, comme ils l’ont fait pour le site de Florange en France, situé à seulement 10 kilomètres de Gandrange. Ils
« vendent » dans le même temps à l’Etat français des suppressions d’emplois sans impacts sociaux par reclassement. C’est proprement scandaleux, car c’est faire fi de l’activité
économique dans nos bassins qui ne cesse de se détériorer. C’est oublier tous les emplois indirects notamment dans la sous-traitance. C’est faire croire qu’il suffit d’injecter des millions
d’euros dans une revitalisation pour panser toutes les plaies de la désindustrialisation.
Sans une politique
industrielle volontariste de la part de l’Etat français mais également de l’Union Européenne, il est à craindre que les fermetures de ce type ne se multiplient. Le tissu industriel français est
trop dépendant de capitaux étrangers, 40% de ses entreprises sont la propriété d’investisseurs venus d’autres pays. Dans ce contexte, il est à craindre que nos usines, et leurs emplois, ne
deviennent des variables d’ajustement, des grands groupes internationaux. Nos économies tertiairisées auront à souffrir de ces choix, car l’industrie demeure un fantastique moteur de l’innovation
et de la recherche dans de nombreux domaines.
Nicolas SARKOZY est venu ce matin à
Gandrange et a tenu aux salariés un discours de super délégué syndical, promettant une action résolue de l’Etat. Sur la forme, on ne peut que souscrire, sur le fond il faut maintenant lever de
nombreux problèmes : les moyens financiers que peut consentir l’Etat français puisque l’on nous affirme que les « caisses sont vides » et la morale d’une sollicitation du
contribuable alors que le groupe, et notamment son PDG, affichent des bénéfices et engrangent des dividendes.
Permanence Parlementaire
Michel LIEBGOTT
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