C'est la consternation en Moselle. Les promesses de soutien de Nicolas Sarkozy faites début février et qui avaient remis du baume au coeur des ouvriers de l'usine Arcelor-Mittal n'auront finalement servi qu'à repousser l'échéance. Le groupe sidérurgique va en effet annoncer dans quelques jours la fermeture partielle du site de Gandrange et la suppression de 600 emplois.

 

 

Douche froide pour les syndicats de l'usine Arcelor-Mittal de Gandrange qui ont reçu samedi une convocation pour un comité d'entreprise le 4 avril prochain. A l'ordre du jour, l'annonce de la fermeture partielle du site par le groupe indien alors qu'ils s'apprêtaient à présenter un contre-projet. "La décision était pliée de puis longtemps", s'est indigné sur France Inter Edouard Martin, représentant de la CFDT. "La direction de Mittal préfère mourir plutôt que de perdre la face en faisant marche arrière", poursuit-il, amer. Le plan, dont la direction du groupe sidérurgique n'a pas confirmé la présentation, avait été exposé mi-janvier. La restructuration envisagée prévoit la fermeture de l'aciérie électrique et du train à billettes. Concrètement, ce sont 595 emplois sur les 1108 actuellement sur le site qui disparaîtraient d'ici à 2009. L'émotion suscitée par cette annonce avait conduit Nicolas Sarkozy, au lendemain de son mariage avec Carla Bruni, à faire le déplacement en Lorraine, le 4 février. Là, au milieu des ouvriers de l'usine, à la surprise générale, il avait assuré que l'Etat était prêt à intervenir pour sauver l'usine. "Vous n'êtes pas seuls. On ne vous laissera pas tomber. Parce qu'un pays qui n'a plus d'usines est un pays qui n'a plus d'économie", avait assuré le chef de l'Etat. Mieux, le président de la République avait expliqué qu'il préférait financer la modernisation du site plutôt que le chômage des ouvriers sur le carreau. "Qui que ce soit qui soit propriétaire de l'usine, on est prêt à prendre à notre charge tout ou partie de l'investissement de modernisation", avait-il affirmé. Une déclaration qui, si elle avait rassuré les ouvriers, avait suscité un certain scepticisme dans la classe politique jusqu'à la ministre de l'Economie Christine Lagarde, peu friande de ce type d'interventionnisme. Le groupe Arcelor-Mittal, pris au dépourvu, avait toutefois gelé sa décision et le patron du groupe, le multi-milliardaire indien Lakshmi Mittal avait rencontré Nicolas Sarkozy. Apparemment sans résultat concret. Aujourd'hui, les syndicats entendent bien demander des comptes à Nicolas Sarkozy.

Tout comme les élus locaux. Le député PS de Moselle Michel Liebgott dénonce une duperie. "On nous a mené en bateau, que ce soit le groupe Arcelor-Mittal ou le président de la République", a-t-il dit au micro de France Inter.

Article publié dans le Journal du Dimanche du 31 mars

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