Sidérugie

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Article RL - Pages régionales - 09/06/10

Article RL - Edition Thionville-Hayange - 08/06/10art-rl-agglo.jpg

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Communiqué de presse

Michel LIEBGOTT

Député, Maire de Fameck

 

 

La lecture d’un article paru dans le Républicain Lorrain du 05 juin dernier relatant les propos du Maire d’Amnéville s’agissant de l’avenir de la filière fonte en Lorraine, suscite mon plus vif courroux.

 En effet, contrairement à ce qui est dit par mon collègue Maire d’Amnéville, je ne pense absolument pas que la « filière fonte Hayange-Florange vive artificiellement ».

 Bien au contraire, c’est un site reconnu comme compétitif car bien situé géographiquement par rapport à ses clients (principalement dans l’automobile), produisant des aciers de qualité recherchée, dans un site intégré de l’amont vers l’aval avec des coûts de production souvent bien meilleurs que dans les autres usines du groupe ArcelorMittal.

 L’agglomération de Rombas, qui emploie encore près d’une centaine de personnes, fait intégralement partie de ce dispositif industriel. Elle en constitue un chaînon essentiel et il est inconcevable de spéculer sur son avenir au motif d’une hypothétique pollution atmosphérique qui doit néanmoins faire l’objet d’un traitement spécifique si elle est avérée.

 Mettre en danger un des chaînons des sites des vallées de l’Orne et de la Fensch, c’est mettre en danger les 2.600 emplois directs que représentent encore ArcelorMittal dans notre bassin de vie et les 1.000 emplois indirects de la sous-traitance.

Les propos tenus me choquent alors que le site de Hayange, comme me l’a récemment indiqué M. RENAUDIN, Directeur d’ArcelorMittal Lorraine, va très prochainement faire l’objet d’investissements à hauteur de 5 millions d’euros pour l’entretien du P6, que l’idée d’installer 18 moteurs à gaz n’est pas abandonnée et qu’une équipe de 20 personnes travaillent actuellement sur le projet ULCOS de captage-stockage du dioxyde de carbone.

Certes notre industrie locale a beaucoup souffert et continuera, au gré des crises cycliques qui jalonnent le temps long, de souffrir. Notre devoir d’élus locaux n’en demeure pas moins de défendre l’emploi et les activités génératrices de richesses.

Mon action de parlementaire, comme celle d’élu local, s’inscrit dans cette logique de défense de l’emploi et de l’activité car je crois en l’avenir industriel de notre Pays, une industrie génératrice d’innovations. Contrairement à d’autres, je ne crois pas à la viabilité d’une société du tout service. Il faut bien entendu des centres de loisirs comme celui d’Amnéville ou le Center Parc de Sarrebourg, mais il faut également des usines qui produisent de la richesse, de la valeur ajoutée.

Je ne manquerai pas d’aborder de nouveau ces sujets avec Hervé BOURRIER, Directeur Général d’ArcelorMittal France, que je rencontre ce mercredi à l’Assemblée Nationale, avec les Syndicats d’ArcelorMittal  Florange et Gandrange que je réunis ce vendredi pour une réunion de travail, mais également au cours du comité de suivi des conventions d’ancrage territorial et de revitalisation économique qui se tient en préfecture lundi prochain.   

d-put--3-4387.JPGIntervention de Michel LIEBGOTT lors de la cérémonie de pose de la première pierre (vendredi 22 janvier 2010)

Mesdames et Messieurs,
Dans tous les domaines, il ne faut jamais désespérer ! Il ne faut jamais se résigner ! Il faut toujours se battre et défendre ce que l’on croît utile à nos populations, à notre territoire et à nos entreprises !
Ce qui nous rassemble aujourd’hui, ici à Nilvange, mais aussi un peu à Hayange car l’usine est sise sur les deux communes, bref au cœur du berceau historique de la sidérurgie française, en est la parfaite illustration.
Au printemps 2008, en plein dans la double crise de Gandrange et des débordements de la Fensch, c’est avec les organisations syndicales (que je rencontre régulièrement à propos des questions sidérurgiques) que nous avons abordé, ensemble, cette question essentielle pour la compétitivité de l’usine, en l’espèce le passage à la grande longueur, de 80 à 108 m.
J’ai été doublement convaincu sur ce sujet
- par l’avis éclairé d’organisations syndicales parfaitement unies sur ce sujet, 
- et par le directeur de l’usine, Monsieur MCGIBBON (avec qui je partage la passion du vélo), qui m’a expliqué dans le détail, et dans un français qui force l’admiration, toute l’importance de ne pas se reposer sur l’existant mais bien de préparer l’avenir de cette usine.

Et son avenir c’est bien le passage à la grande longueur tout en préservant la qualité de ses productions, mondialement reconnu, notamment pour les rails du TGV. Alors oui, puisque nous sommes juste au-dessus de la Fensch, ce dossier n’aura pas été un long fleuve tranquille !
Dès juin 2008, j’ai interpellé Ratan TATA. Celui-ci m’a répondu et confirmé l’intérêt stratégique pour son groupe de cet investissement, non sans oublier d’ajouter qu’il fallait des garanties commerciales de ses clients, et tout particulièrement de Réseau Ferré de France (son principal client), pour engager cette dynamique.

Bref, il fallait à l’entreprise de la visibilité sur ses contrats, en temps, en volume, pour se lancer. 
A partir de là, tout s’est enclenché,
- le contact avec Philippe VARIN, devenu depuis PDG de Peugeot ;
- la rencontre avec Phyl DRYDEN, le DG des produits longs de CORUS venu tout spécialement du Royaume-Uni ; 
- la rédaction de 3 courriers à la Ministre de l’Economie Christine LAGARDE au cours de 2009,
- mes sollicitations incessantes auprès de son Cabinet ;
- l’intervention auprès du Président de la République en août 2009;
- celle auprès du Directeur de Réseau de Ferré de France ;
- celle auprès du PDG de la SNCF ;

 

Malgré cet intense travail de lobbying, au cours de l’été 2009, je dois le confesser : « nous avons commencé à douter », puisque la décision du Conseil d’Administration de reconduire le contrat (après 2 moratoires depuis fin 2008) tardait à être prise.
Et puis finalement, le jeudi 15 octobre dernier au petit matin, j’ai été informé par un fax signé par le Président de Réseau Ferré de France, juste avant que le Président de la République ne revienne à Gandrange dans les conditions que chacun d’entre vous connaît parfaitement désormais, que le contrat avec CORUS avait été signé pour un montant de 351.1 millions d’euros HT.

Ce résultat n’est pas celui d’un jeu politique, d’un jeu de compensations malvenues.

Gandrange est un sujet…. CORUS RAIL en est un autre !
Si nous sommes aujourd’hui réuni pour poser la première pierre, c’est grâce à la qualité du travail des salariés, des techniciens, des ingénieurs de CORUS RAIL qui font la démonstration depuis de nombreuses années qu’ils sont les meilleurs dans leur domaine ! C’est aussi le résultat de l’acharnement des dirigeants locaux, des organisations syndicales à défendre leurs sites, leurs emplois, leurs compétences, pour le plus grand bien de notre territoire si durement éprouvé par les crises successives mais qui croit encore et toujours en son avenir industriel !
C’est à eux que je veux très simplement dire merci !

 


rl-side-synd-jnvier.JPGArticle RL - 13/01/2010
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