Réunion de la commission des affaires sociales - Mercredi 8 février 2012.
M. Michel Liebgott. En Lorraine, 33 % des investissements étrangers sont allemands, preuve que les entreprises d’outre-Rhin trouvent des conditions favorables de
développement, y compris dans ma propre commune avec le groupe ThyssenKrupp. Je ne crois donc pas que la mesure que vous proposez entraînera une augmentation massive de ces investissements.
De surcroît, en Allemagne, le taux de TVA est de 19 %. Chez nous, il serait de 21,2 % si votre projet devait s’appliquer.
Si l’économie allemande se porte bien, c’est aussi parce qu’il existe un véritable dialogue social – le rapporteur pour avis a évoqué les lois dites « Hartz ». Les
négociations qui ont eu lieu ont abouti à une certaine modération salariale mais celle-ci était assortie de compensations qui se traduisent aujourd’hui par des augmentations de salaires et un
chômage partiel intelligemment pensé.
Sur un plan institutionnel, l’Allemagne diffère également de la France. Chez nous, les régions sont exsangues faute d’autonomie financière alors qu’il n’en est pas de même
des Länder. L’État français est hyper-centralisé, comme vous en témoignez encore aujourd’hui, puisqu’à trois mois d’une échéance nationale vous pensez pouvoir régler l’ensemble des
problèmes de notre pays par une mesure étatique. C’est dire à quel point vous êtes coupés de la réalité et de la logique économiques ! Alors que le Gouvernement aura changé dans trois mois,
pas un patron ne pense que ce type de mesures pourrait changer quoi que ce soit.
Extrait du compte rendu de la commssion des affaires sociales
du mardi 6 décembre 2011
M. Michel Liebgott. Vous avez évoqué les différences entre la France et l’Allemagne, notamment au regard
des moyens consacrés par chaque pays au suivi des demandeurs d’emploi. Ne croyez-vous pas que le problème réside aussi dans l’existence de législations et de réglementations différentes ?
En Allemagne, 71 % de la population est active, contre 64 % en France ; les Allemands ont créé quelque 200 000 emplois en
un an, tandis que nous en supprimions 130 000 durant la même période ; enfin, le taux de travailleurs à temps partiel est bien plus élevé là-bas qu’ici : 26 % contre 17 %. D’une certaine manière,
il s’agit d’une forme de réduction du temps de travail. On met souvent en cause les 35 heures, mais lorsqu’on compare le temps travaillé cumulé, on s’aperçoit que ce sont les Français qui
travaillent le plus. Une solution à l’aggravation du chômage en France ne résiderait-elle pas dans un changement de réglementation ou de législation ? À une question écrite, le ministère avait
répondu que 3 400 recrutements avaient été réalisés à la suite de la création de Pôle emploi, non parce que la fusion aurait été particulièrement compliquée à réaliser, mais parce que le nombre
de demandeurs d’emploi était en augmentation. Force est de constater que nous nous trouvons aujourd’hui dans la même situation. Allez-vous solliciter une augmentation des effectifs affectés à la
prise en charge des demandeurs d’emploi ? Enfin, il semblerait que joindre le « 39 49 » ne puisse se faire qu’au terme d’une attente interminable, et coûteuse pour ceux qui téléphonent d’un
mobile, ces appels étant surtaxés. Que comptez-vous faire pour y remédier ?
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