Anciens combattants

Article du RL (24/02/10) - Edition Thionville-Hayange

combattants

Communiqué de presse transmis le 16 juillet

Demain, à Strasbourg, l’Etat français et la fondation franco-allemande signeront enfin, au terme d’un long et complexe processus de négociation, une convention concernant la nécessaire indemnisation des anciens incorporés de force dans les formations paramilitaires allemandes (RAD-KHD).

Dans l’attente des éléments précis de la convention, qui ne sera diffusée qu’à l’issue de la signature officielle, je tiens à me féliciter de l’évolution favorable de ce dossier. En effet, à deux reprises lors de l’examen des crédits de fonctionnement du Ministère des Anciens Combattants en 2005 et en 2006, et par la rédaction de plusieurs questions écrites au Gouvernement, j’avais dénoncé la partie de ping-pong qui se jouait entre l’Etat français et l’entente franco-allemande, alors que l’impact financier de l’indemnisation des RHD-KHD n’était pas considérable au regard du nombre d’anciens combattants désormais concernés, guère plus de 4000 selon les dernières estimations.

Les problèmes juridiques évoqués alors par l’ancien Secrétaire d’Etat aux Anciens Combattants,
Hamlaoui MEKACHERA, n’étaient donc qu’un écran de fumée. J’espère que l’indemnisation sera rapide et qu’elle permettra de solder, une fois pour toutes, cette période du siècle passé, ayant ravagé nos territoires, brisé tant de familles et de destins. Elle ne sera qu’une juste reconnaissance pour les « oubliés » de l'accord franco-allemand ayant trait à la question des « malgré nous ». 

M. Michel Liebgott interroge M. le secrétaire d'État à la défense, chargé des anciens combattants, sur le sort des femmes d'Alsace Moselle enrôlées dans le RAD KHD. Les alsaciens mosellans enrôlés dans le RAD (Reichsarbeitsdienst ou service de travail obligatoire pour le Reich) ou le KHD (Kriegshilfdienst ou service pour l'effort de guerre) ont pu faire l'objet d'accords franco allemands même si certains problèmes ne sont toujours pas résolus, ainsi qu'il décline l'historique dans la réponse qu'il a faite à sa question publiée au Journal Officiel le 20 novembre 2007. La Fondation franco allemande chargée de régler ce contentieux a prévu la reconnaissance et l'indemnisation des enrôlés de force dans l'armée allemande au nombre de 130000, mais a de fait, exclu les femmes qui travaillaient sous la contrainte, que le statut soit celui de RAD ou de KHD, au service de l'Allemagne nazie pour n'être pas considérées comme avoir été combattantes. La contrainte et le travail forcé au service de l'effort de guerre nazi étaient pourtant une réalité bien cruelle. Jean Laurain, ancien Président de la Fondation et prédécesseur de votre département ministériel avait accepté d'indemniser les femmes concernées sous réserve que l'État français règle la moitié de l'indemnisation. L'État n'a pas réagi puisque son analyse se fonde sur le fait de ne pouvoir être rendu responsable de « crimes » commis par un État ennemi. En 1996 cependant le ministère propose d'indemniser les femmes à hauteur de 50 % de la somme due aux hommes incorporés, considérant que le préjudice subi n'est pas comparable et donc implicitement moindre. Celles qu'on appelle les Malgré elles, en comparaison aux Malgré nous incorporés de force, ont certes obtenu en 1998 une reconnaissance officielle mais non accompagnée d'une indemnisation, sachant qu'elles ont considéré comme une aumône la précédente proposition qui de façon symbolique ramenait leurs souffrances à la moitié de celle des hommes. Il lui demande donc où en est ce dossier, de le tenir informé des suites qu'il compte lui réserver en concertation avec les autorités allemandes et de faire en sorte que les femmes, à l'instar des hommes, ayant servi de force dans le RAD KHD puissent faire valoir leur droit à une juste indemnisation.

Le secrétaire d'État à la défense et aux anciens combattants est conscient de la situation des anciens incorporés de force dans les formations paramilitaires allemandes du Reichsarbeitsdienst - RAD et du Kriegshilfsdienst - KHD -, pendant la Seconde Guerre mondiale. S'agissant de l'accès des intéressés à l'indemnisation versée par la République fédérale d'Allemagne aux incorporés de force dans l'armée allemande, l'accord franco-allemand du 31 mars 1981 a permis d'indemniser les anciens incorporés de force dans l'armée allemande pendant la Seconde Guerre mondiale, ce qui a bénéficié à un peu plus de 86 500 personnes qui ont perçu une indemnisation d'un montant d'environ 1 387 EUR. Reste aujourd'hui en suspens le problème de l'indemnisation éventuelle des personnes qui ont été requises dans les formations paramilitaires précitées et qui n'ont pas participé aux combats sous l'uniforme ennemi. Ces auxiliaires seraient aujourd'hui au nombre de 3 000 à 4 000 et demandent une indemnisation qui pourrait être d'un montant inférieur à celle dont ont bénéficié les « Malgré-nous ». La fondation franco-allemande n'a pas souhaité jusqu'à présent souscrire à cette demande d'indemnisation. Dans ces conditions, il a été décidé, à la demande du Président de la République, de confier au préfet honoraire Mahdi Hacene, ancien préfet de la région Alsace et de la région Lorraine, une mission de réflexion, afin d'examiner les moyens d'aboutir rapidement à une décision. M. Hacene, dont l'étude portera également sur tous les problèmes autres concernant les « Malgré-nous », et éventuellement les patriotes réfractaires à l'annexion de fait (PRAF), déposera son rapport le 1er juin 2008.

Pour lire l'intervention de Michel LIEBGOTT concernant les RHD - KHD, cliquez sur le lien suivant:

http://liebgott.over-blog.com/article-4780686.html

Extrait de l'intervention de Michel LIEBGOTT à l'Assemblée Nationale le 15 novembre dernier à l'occasion de l'examen des crédits de la mission anciens combattants pour 2007.

M. Michel Liebgott – Je ne peux pas me satisfaire de la réponse que vous avez donnée à M. Schreiner. L’indemnisation des incorporés de force dans les organisations paramilitaires allemandes est aujourd’hui un devoir. Verdun, le Struthof, les « malgré-nous », les annexions successives restent des plaies béantes. Il ne reste à régler qu’un problème statutaire, mais qui fait honte à la République. N’est-ce pas l’État qui nomme 12 des 24 administrateurs de la Fondation ? De plus, s’il décidait de verser la moitié de la somme prévue, la Fondation verserait sans doute le complément. Certes, les associations ont un statut, mais si la volonté politique existe, ce statut peut être modifié. Les personnes concernées ne sont plus que 6 000 ; attendra-t-on qu’elles ne soient plus que six pour intervenir ? Ces gens, qui ont l’âge de mes parents, ne peuvent comprendre que les fonds, disponibles, ne leur soient pas versés. La somme ne compensera certes pas les souffrances qu’ils ont subies mais elle témoignera de la reconnaissance qui leur est due pour avoir contribué à préserver la liberté des générations futures. En leur nom, je vous demande, Monsieur le ministre, de revoir ce dossier et de lever des obstacles juridiques qui me semblent infimes au regard de l’enjeu.

M. le Ministre délégué – Je comprends le sentiment qui vous anime, pour l’éprouver moi-même. C’est ce qui m’a poussé, en vue de trouver une solution, à réunir les parlementaires d’Alsace et de Moselle et le président de la Fondation. Il ne serait pas normal que la France, qui n’est pas l’auteur des dommages, procède aux réparations à la place de l’Allemagne. Pour autant, le Gouvernement a tenu à faire un geste, et prévu que l’État français verserait la moitié de l’indemnisation prévue. C’est le maximum qui peut être fait. Si la Fondation est prête à en faire autant, la question sera réglée.

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