En tant que membre de la délégation
parlementaire française composée de moi-même, de Christian ECKERT et de Anne GROMMERCH, j'ai participé hier à la réunion d'installation de la commission intergouvernementale
franco-luxembourgeoise au Château de Senningen au Grand Duché de Luxembourg.
Sous la double présidence de Jean-Marie HALSDORF, Ministre de l'Intérieur
du Grand Duché de Luxembourg, et de Laurent WAUQUIEZ, Ministre des Affaires Européennes de la France, cette réunion a été l'occasion d'aborder de nombreux dossiers concernant nos deux Pays, ses
populations et tout particulièrement les 70.000 travailleurs frontaliers français.
La réunion a débuté avec le projet BELVAL (OIN - GECT) présenté comme la
pièce maitresse de la coopération transfrontalière. L'ensemble des intervenants s'est accordé pour dire toute l'importance d'une démarche gagant-gagnant quant à l'aménagement cohérent de cet
espace de part et d'autre de la frontière alors que la requalification est déjà bien engagée au Grand Duché comme l'a rappelé le Ministre luxembourgeois Claude Wiseler chargé du Développement
Durable et des Infrastructures. Le GECT, qui sera officiellement en activité au 1er janvier 2012, sera l'instrument de la coopération transfrontalière sur ce dossier en plus, comme je
l'ai rappelé lors de la réunion, d'être le moyen de pouvoir émarger à des financements européens. En France, la mission de préfiguration est désormais terminée et il appartient au Gouvernement de
décider de la méthode de gouvernance et des projets dont il conviendra de faciliter l'implantation en lien avec le GDL (pôle de santé, écoaccélérateur, datacenter , supercalculateur et antenne du
CNAM Europe).
Autre question abordée au cours de
cette première rencontre, celle des transports. Le Ministre Halsdorf, comme l'ensemble des membres des deux délégations, se sont d'abord félicité de la suppression officielle et très attendue du
poste de frontière de Zoufftgen. Après quoi, une longue discussion s'est engagée à propos du développement des collaborations dans le domaine du transport fluvial, les luxembourgeois étant
particulièrement intéressés à court terme par le développement de l'europort Thionville-Illange-Uckange (plateforme quadrimodale) en complémentarité de celui de Mertert et à plus long terme par
le prolongement de la Moselle canalisée vers la Saône et donc l'Europe du Sud.
S'agissant de la mobilité transfrontalière routière qui intéresse au plus
haut point nos concitoyens, nos travaux ont principalement porté sur l'élargissement de l'A31 entre Thionville et Luxembourg-Ville et sur la réservation de la 3eme voie aux transports
en commun et au co-voiturage. Des missions de coordination technique sur tous ces sujets sont désormais engagées entre nos deux pays.
Dans les domaines de l'éducation, le Grand Duché a également dit vouloir
renforcer sa collaboration avec la France, qu'il s'agisse de la création dans le périmètre de Belval d'un lycée franco-luxembourgeois, de la mise en place de classes préparatoires aux grandes
écoles françaises, du développement de l'apprentissage ou bien encore du recrutement de professeurs français pour l'enseignement de matières enseignées en langue française dans le secondaire
luxembourgeois.
Au chapitre de la culture, la Grande
Région a déjà permis de mettre en oeuvre une foultitude de projets d'échanges entre les pays de cet espace fort de 11 millions d'habitants. Toutefois les luxembourgeois ont insisté pour que des
coopérations étroites entre la France et le Luxembourg se nouent afin de valoriser tous nos atouts notamment d'un point de vue touristique. A ce propos, je fais mienne la remarque de Georges
Santer, l'Ambassadeur du Luxembourg en France, pour qui il faut se focaliser sur la géographie immédiate en matière de tourisme et de culture. La commission a ainsi décidé de renforcer tout
particulièrement la coopération transfrontalière dans les domaines des Beaux Arts, à l'instar du projet « MONO2012 » initié par le Centre Georges Pompidou en collaboration avec le Musée
de Nancy et celui de Luxembourg.
La réunion s'est achevée sur le dossier épineux de la politique de sécurité
publique, notamment s'agissant de la Centrale de Cattenom. Là encore, les deux délagations ont admis que les coopérations devaient être améliorées entre les services de secours, entre les équipes
opérationnelles et que des exercices communs doivent au plus vite être réalisés. Sur le sujet spécifique de Cattenom, la commission a pris acte de la tenue de la réunion de la Grande Région la
veille en préfecture à Metz. Le Ministre WAUQIEZ a ajouté que l'audit de la centrale de Cattenom, suite aux évènements de Fukujima, dès qu'il sera terminé, sera immédiatement transmis aux
autorités luxembourgeoises dans un souci de parfaite transparence.
En toute fin de
réunion, Georges Santer a abordé, sans que cela soit prévu à l'ordre du jour, les problèmes d'émissions de CO2 du Grand Duché de Luxembourg et s'est dit particulièrement intéressé par le projet
ULCOS de captage stockage du CO2 des hauts fourneaux de Hayange. J'ai apporté à la demande du Ministre les informations en ma possession dans ce dossier que je suis depuis de nombreuses années
désormais. J'ai notamment indiqué aux représentants du Gouvernement luxembourgeois que le dossier technique et financier déposé par ArcelorMittal au nom du consortium ULCOS était actuellement en
la possession du Ministère de l'Industrie français lequel devait le transmettre à la Commission Euroépenne le 09 mai prochain pour un financement dans le cadre de l'appel à projets
NER300.
Michel LIEBGOTT
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