Coopération frontalière

adi-copie-1.jpgTexte de la question

M. Michel Liebgott attire l'attention de M. le ministre du travail, des relations sociales, de la famille, de la solidarité et de la ville sur les conséquences, pour les travailleurs frontaliers, du décret n° 2008-1384 du 19 décembre 2008 relatif aux modalités de calcul et de versement de l'allocation différentielle (ADI) prévue à l'article L. 512-5 du code de la sécurité sociale. En effet, ce texte est entré en vigueur au 1er janvier 2010. La caisse d'allocations familiales (CAF) de Moselle a informé les salariés frontaliers des nouvelles modalités de calcul par courrier en date du 7 janvier 2010. Selon ces dernières, ils ne pourront plus toucher les prestations d'accueil du jeune enfant (PAJE). Il lui rappelle, qu'avant cette date, un frontalier français travaillant par exemple au Luxembourg touchait les allocations familiales en France. Si ces allocations étaient inférieures aux allocations familiales luxembourgeoises, le salarié recevait dans un deuxième temps la différence entre les deux allocations de façon à bénéficier du montant total de l'allocation luxembourgeoise. Il continuait cependant à percevoir la PAJE dans sa totalité mais désormais celle-ci est comprise dans l'ADI et ne sera plus versée en plus de celle-ci. L'émotion est grande chez les principaux intéressés, déjà pénalisés par un temps de trajet important inhérent à leur emploi de l'autre côté de la frontière. Ils verront, en outre, leur pouvoir d'achat amputé, avec des répercutions collatérales attendues sur les emplois d'assistantes maternelles ou d'aides à domicile en France. Il lui demande donc s'il entend revenir sur ces nouvelles règles de calcul pénalisantes pour les travailleurs frontaliers.

  

Texte de la réponse

Le ministre du travail, de la solidarité et de la fonction publique a pris connaissance avec intérêt de la question relative aux règles de calcul de l'allocation différentielle (ADI) concernant les travailleurs frontaliers. Les mécanismes de coordination des systèmes de protection sociale mis en place dans le cadre de l'Union européenne (règlement CE n 883/2004 du 29 avril 2004 portant sur la coordination des systèmes de sécurité sociale et remplaçant, depuis le 1er mai 2010, le règlement CEE n 1408/71 du 14 juin 1971) prévoient qu'un citoyen couvert par ces mécanismes ne peut relever que d'une seule législation nationale de sécurité sociale, le critère principal permettant de déterminer cette législation étant le lieu d'exercice d'une activité professionnelle. Ce principe général est complété, en matière de prestations familiales, par des règles de priorité permettant d'éviter le cumul de prestations familiales en déterminant l'État prioritairement compétent pour verser des prestations, lorsqu'une même famille ouvre des droits en vertu de plusieurs législations. Les autres États versent, le cas échéant, un complément différentiel. Ainsi, un travailleur exerçant son activité dans un État membre ouvre droit, pour les membres de sa famille résidant dans un autre État membre, aux prestations familiales de l'État dans lequel est exercée cette activité. Par exemple, dans le cas d'un frontalier résidant en France, travaillant au Luxembourg, et dont le conjoint éventuel n'exerce pas d'activité professionnelle en France, le Luxembourg est prioritairement compétent pour verser des prestations familiales. La législation française peut toutefois intervenir à titre subsidiaire, en versant aux intéressés, conformément à l'article L. 512-5 du code de la sécurité sociale, une allocation différentielle (ADI), lorsque le montant de l'ensemble des prestations familiales étrangères est inférieur au montant de l'ensemble des prestations familiales françaises auxquelles ils ouvriraient droit si cette législation leur était applicable. L'objectif de cette disposition est de garantir un montant total de prestations équivalent à ce que percevrait la famille si l'allocataire travaillait en France et relevait à ce titre de la législation française. Le décret n° 2008-1384 du 19 décembre 2008, pris en application de l'article 95 de la loi de financement de la sécurité sociale pour 2008, a modifié les règles de calcul de l'ADI afin d'inclure dans celui-ci des prestations familiales qui jusqu'alors, contre la lettre de l'article L. 512-5 précité, en étaient exclues et pouvaient être versées directement, pour leur montant intégral, aux familles qui en remplissaient les conditions, en plus des prestations familiales étrangères dont elles bénéficiaient par ailleurs à titre principal. Ces familles pouvaient donc se trouver en situation de cumuler l'une ou plusieurs de ces prestations familiales françaises avec les prestations familiales étrangères auxquelles elles ouvraient droit, et de percevoir ainsi un montant de prestations familiales supérieur au montant qu'elle aurait perçu en application de la seule législation française ou de la seule législation étrangère. En conséquence, elles pouvaient percevoir un montant total de prestations supérieur à celui perçu par une famille remplissant les mêmes conditions au regard de la législation française, mais relevant uniquement de cette dernière parce que travaillant en France. En augmentant le nombre de prestations familiales françaises non cumulables avec des prestations familiales étrangères, le changement du mode de calcul de l'ADI vise ainsi à rétablir le principe d'égalité de traitement entre les différentes catégories de bénéficiaires de nos prestations familiales, dans le strict respect des règles de coordination européennes et dans le sens d'une meilleure conformité à la lettre du principe d'égalité de traitement posé par le règlement (CEE) n° 1612/68 du 15 octobre 1968 relatif à la libre circulation des travailleurs à l'intérieur de la Communauté. Le décret susmentionné prévoyait une entrée en vigueur du nouveau mode de calcul de l'ADI au 1er juillet 2009. Toutefois, compte tenu de certaines difficultés techniques de mise en oeuvre, puis des interrogations et inquiétudes que ce changement a suscitées parmi les allocataires concernés, le Gouvernement a reporté la date de mise en oeuvre des nouvelles règles. En outre, cette application se fera en deux temps, ce qui la rend plus progressive - à compter de juin 2010 (pour les droits de mai 2010), les composantes suivantes de la prestation d'accueil du jeune enfant (PAJE) : prime à la naissance ou à l'adoption, allocation de base (de la naissance aux trois mois de l'enfant) et aide directe versée dans le cadre du complément de libre choix du mode de garde, ne seront plus versées aux bénéficiaires tous les mois et directement mais seront intégrés dans le calcul de l'ADI. Les caisses d'allocations familiales (CAF) continueront à prendre en charge les cotisations sociales liées à l'emploi d'une assistante maternelle ou d'une employée à domicile (autre volet du complément de libre choix du mode de garde) tout au long de l'année 2010 ; à compter du 1er février 2011 (pour les cotisations dues au titre des salaires de janvier 2011), ces cotisations sociales devront être versées directement au centre Pajemploi par les personnes concernées, et leur montant sera ensuite intégré a posteriori par les CAF dans le calcul de l'ADI. À l'issue de la mise en place des nouvelles règles de calcul de l'ADI, les personnes concernées percevront ainsi un montant total de prestations (prestations familiales étrangères et ADI) au moins équivalent à celui qu'elles percevraient si elles travaillaient en France.

 

transfrontalier-russange.jpg

Dans la très belle salle Agora de Russange, avec le Maire de la commune, j'ai accueilli lundi matin les parlementaires missionnés par les ministres de l'aménagement du territoire (Michel MERCIER) et des affaires européennes (Pierre LELLOUCHE) sur les problématiques des territoires frontaliers. 

Comme l'ont rappelé les membres de cette mission, en l'espèce Fabienne KELLER (sénatrice du Bas Rhin), Etienne BLANC (député de l'Ain) et Marie-Thérèse SANCHEZ-SCHMID (députée européenne), c'est près de 10% de la population française qui vit actuellement en zone frontalière. C’est également un peu plus de 350.000 citoyens français qui travaillent dans un pays limitrophe et qui vivent en France.

Venus entendre les élus sur leur vécu de la coopération frontalière avec le Grand Duché de Luxembourg (mais également avec la Belgique et l'Allemagne), ces derniers ont particulièrement insisté sur la nécessité d'utiliser la dynamique luxembourgeoise sans pour autant que nos territoires ne deviennent des cités dortoirs. Les maires et élus présents ont également souligné l'importance de trouver une compensation pour les communes qui doivent créer et financer des équipements publics (en fonctionnement et en investissement) demandés par les eurotravailleurs, notamment dans le domaine de la petite enfance (espaces multi accueil, périscolaire...).

A propos de la question la concurrence fiscale avec le GDL pour l'implantation d’entreprises, les parlementaires en mission ont évoqué (comme l'ont également suggéré les élus), la possibilité de mettre en oeuvre une zone à statut spécial qui, pour le moment, semble poser problème du côté du Conseil d'Etat et du Ministère des Finances.

D’autres questions ont par ailleurs été évoquées, en particulier l’importance de l’apprentissage de la langue luxembourgeoise (le Platt luxembourgeois), les spéculations liées à la valeur du foncier au GDL, l’intérêt de la mise en place de Groupements Européens de Coopération Territoriale (GECT) pour échafauder un partenariat transfrontalier autour de projets structurants de part et d’autre de la frontière mais également la question de la diversité et la complexité des structures administratives du côté français.    

La mission parlementaire rendra son rapport aux ministres le 15 juin prochain.

Michel LIEBGOTT  

 

6913_Une-Allocations.jpgMonsieur Michel Liebgott attire l'attention de Monsieur le Ministre de travail, des relations sociales, de la famille, de la solidarité et de la ville sur les conséquences, pour les travailleurs frontaliers, du décret n° 2008-1384 du 19 décembre 2008 relatif aux modalités de calcul et de versement de l'allocation différentielle (ADI) prévue à l'article L. 512-5 du code de la sécurité sociale.

 

En effet, ce texte est entré en vigueur au 1er janvier 2010. La Caisse d'allocations familiales (Caf) de Moselle a informé les salariés frontaliers des nouvelles modalités de calcul par courrier en date du 7 janvier 2010. Selon ces dernières, ils ne pourront plus toucher les prestations d’accueil du jeune enfant (PAJE).
Il lui rappelle qu'avant cette date un frontalier français travaillant par exemple au Luxembourg touchait les allocations familiales en France. Si ces allocations étaient inférieures aux allocations familiales luxembourgeoises, le salarié recevait dans un deuxième temps la différence entre les deux allocations de façon à bénéficier du montant total de l’allocation luxembourgeoise. Il continuait cependant à percevoir la PAJE dans sa totalité mais désormais celle-ci est comprise dans l'ADI et ne sera plus versée en plus de celle-ci.
L'émotion est grande chez les principaux intéressés déjà pénalisés par un temps de trajet important inhérent à leur emploi de l'autre côté de la frontière. Ils verront en outre leur pouvoir d'achat amputé, avec des répercutions collatérales attendues sur les emplois d'assistantes maternelles ou d'aides à domicile en France.
Il lui demande donc s'il entend revenir sur ces nouvelles règles de calcul pénalisantes pour les travailleurs frontaliers.


Une délégation du Groupe d'Amitié France - Luxembourg s'est rendue au Grand Duché, hier et avant-hier, pour rencontrer leurs homologues parlementaires luxembourgeois (Chambre des Députés) ainsi que les Ministres de l'Aménagement du Territoire et de la Grande Région (JM. Halsdorf) et de l'Economie et du Commerce Extérieur (J. Krecke).
Cette visite a été également l'occasion de discuter avec des chefs d'entreprise luxembourgeois et notamment l'entreprise Paul WURTH (où cette photo a été prise), qui compte parmi les leaders mondiaux dans le domaine des technologies de la production de fonte. 
Lors de ces différents entretiens, la délégation a été accompagnée par l'Ambassadeur de France au Grand Duché de Luxembourg, Monsieur Charles-Henri d'Aragon.

Monsieur le Ministre,

 

Sollicité par le Comité de Défense des Travailleurs Frontaliers de la Moselle, je me permets d’attirer votre attention sur le dossier invalidité concernant les travailleurs frontaliers.
Un travailleur frontalier reconnu invalide par l’institution française et non par l’Allemagne peut se retrouver dans une situation paradoxale. En effet, la Bundes Agentur für Arbeit, organisme de chômage allemand, reconnaît l’invalidité française de catégorie 2 pour ne pas verser des indemnités de chômage. La Deutsche Rentenversicherung, quant à elle, organisme de retraite allemand, ne reconnaît pas l’invalidité et ne paye donc pas de rente d’invalidité.
Ainsi, le travailleur ne perçoit qu’une pension d’invalidité française calculée en fonction des années travaillées antérieurement en France. Si cette période s’avère courte, il devient impossible à la famille concernée de subvenir à ses besoins. A titre d’exemple, certains ne perçoivent qu’une pension mensuelle de l’ordre de  100 euros. Il est anormal qu’un travailleur frontalier, ayant travaillé durant 35 ans et se retrouvant malheureusement handicapé ou malade, ne puisse disposer que d’une pension française de 100 euros par mois.
C’est pourquoi, je m’associe à la juste requête du Comité de Défense des Travailleurs Frontaliers de la Moselle, demandant que vous mettiez un terme à cette situation en concluant avec l’Allemagne un accord bilatéral qui stipulerait clairement que s’il y a reconnaissance de l’invalidité par un Etat, l’autre Etat accepte cette décision sans tergiversation.
Dans l’attente je vous prie de croire, Monsieur le Ministre, en l’expression de ma parfaite considération.

Pour lire la réponse du Ministre du Travail, Brice HORTEFEUX, cliquez sur le lien suivant:

r-ponse-ministere-cdtfm.pdf r-ponse-ministere-cdtfm.pdf

Messages

 

Permanence Parlementaire
Michel LIEBGOTT
4, rue Jacques Tourneur
57700 HAYANGE


Tel: 03 82 84 06 06
Fax: 03 82 84 66 88
Email:
michel.liebgott@wanadoo.fr

Calendrier

Septembre 2010
L M M J V S D
    1 2 3 4 5
6 7 8 9 10 11 12
13 14 15 16 17 18 19
20 21 22 23 24 25 26
27 28 29 30      
<< < > >>

Recherche

W3C

  • Flux RSS des articles

Recommander

Présentation

Concours

Profil

Créer un blog gratuit sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Signaler un abus - Articles les plus commentés