Madame le Ministre,
Le Schéma National des Infrastructures de Transport (SNIT) est entré dans une phase de consultation depuis juillet 2010 et a fait l’objet de premiers ajustements de votre part au mois de janvier
dernier.
Une nouvelle phase de consultation est désormais engagée sur la base de l’avant projet consolidé avant qu’il ne soit validé, avant l’été d’après les informations que j’ai pu recueillir auprès de
vos services. Un débat à l’Assemblée Nationale sur le SNIT doit également être organisé comme prévu à l’article 16 de la loi Grenelle II.
J’inscris donc les appréciations et remarques suivantes dans le cadre de cette phase de collecte d’informations que vous avez engagée. Elles ne concerneront pour l’essentiel que les
infrastructures du Nord Lorrain dans lequel s’inscrit la circonscription dont je suis député depuis 1997.
S’agissant du volet routier, je note avec satisfaction l’inscription des travaux du passage à 2 fois 3 voies de l’A31 au Nord de Thionville afin de fluidifier le trafic transfrontalier dont la
progression est constante depuis plus de 20 ans. Il atteint désormais 77.000 véhicules par jour sur ce tronçon et ce chiffre ne devrait pas baisser. En effet, l’emploi de travailleurs français au
Grand Duché de Luxembourg a encore progressé l’an passé malgré la crise.
Ce sont désormais 75.000 lorrains qui franchissent quotidiennement la frontière dont une bonne partie par la route en dépit des mesures très incitatives pour un transfert des flux vers le rail,
notamment par la baisse du prix des billets du TER par le Conseil Régional de Lorraine.
Si l’on peut se satisfaire de cette décision puisque le transfert modal total n’est pas encore pour demain, il est impératif toutefois de convaincre à présent le Gouvernement luxembourgeois d’en
faire de même de l’autre côté de la frontière.
Le bourgmestre de la ville de Luxembourg, Paul HELMINGER, évoquait d’ailleurs récemment dans la presse locale la possibilité d’un passage à 2 fois 3 voies du côté luxembourgeois à condition de
réserver cette troisième voie au covoiturage et aux transports en commun pour satisfaire à de légitimes objectifs de développement durable.
Je note que ce choix d’aménagement futur est totalement cohérent avec celui défendu par le Maire de Thionville et Président du Syndicat Mixte des Transports Urbains (SMITU) Thionville-Fensch,
Bertrand MERTZ, lequel a engagé des études pour la réalisation d’un transport en commun en site propre (TCSP), dont une des deux lignes serait à vocation transfrontalière.
D’après les informations que ce dernier a pu me donner très récemment et qu’il a présentées lors de sa dernière réunion du conseil syndical, il semblerait même que les services déconcentrés de
l’Etat en Lorraine compétent sur cette question, en l’espèce la Direction Régionale de l’Environnement et de l’Aménagement de Lorraine (DREAL), aient fait part de leur intérêt quant à cette
proposition. Une étude conjointe du SMITU et de la DREAL, dont des crédits ont été ouverts à cet effet, a d’ailleurs été engagée en ce sens.
La commission intergouvernementale franco-luxembourgeoise, qui sera installée le jeudi 21 avril prochain ainsi que me l’a annoncé Laurent WAUQUIEZ à l’occasion d’une Question Orale Sans Débat que
je lui ai posée le 08 février dernier, aura immanquablement à statuer sur ce sujet important de la saturation de l’A31 entre Thionville et Luxembourg-Ville.
Le passage à 2 fois 3 voies qui était un nécessaire préalable avant la réalisation du Contournement Ouest de Thionville sur lequel je reviendrais plus loin, ne sera toutefois pas suffisant pour
régler toutes les difficultés de circulation dans le Nord Lorrain, tout particulièrement dans la zone frontalière. C’est pourquoi, il me semble essentiel d’intégrer dans les discussions autour du
SNIT, les éléments suivants :
1.
S’agissant du Contournement Ouest de Thionville qui est intégré dans le projet de SNIT d’abord. Il s’agit du prolongement de la VR52 vers l’A31 qui permettrait de désenclaver totalement la vallée
de l’Orne et éviterait la traversée du centre ville de Florange, notamment pour les eurotravailleurs. Je conditionne bien entendu la réalisation de ce COT à son enfouissement sur l’essentiel de
son parcours à travers la ville de Florange. De même, il me semble impératif que d’autres liaisons routières soient imaginées à l’Est de Thionville sans quoi tout le trafic se
concentrerait dans la partie Ouest, avec tous les désagréments que cela peut occasionner pour les populations de ce secteur.
2.
Le réaménagement de l’A30 ensuite, tout particulièrement de Hayange à la frontière belge. Il s’agit d’une voie de délestage très importante de l’A31 qui irrigue la vallée de la Fensch puis les
communes du Pays-Haut. Cette portion mérite d’être réaménagée pour répondre pleinement à ses vocations. Parmi les travaux à réaliser, je pense en particulier à des nouveaux accès depuis les
villes de Hayange et Knutange (échangeurs actuellement incomplets), au doublement du tunnel du bois du Chêne ou encore du Pont sur la Chiers mais également à la création d’une bretelle
complémentaire au Triangle de Richemont pour faciliter la desserte du futur Europort Uckange-Illange-Thionville dont je regrette au passage qu’il ne soit toujours pas inscrit dans la version
actuelle du SNIT.
3.
Enfin le contournement d’Audun-le-Tiche qui doit être réalisé au plus vite compte tenu de la saturation du réseau dans ce secteur frontalier. L’accroissement exponentiel du trafic de véhicules
traversant l’agglomération audunoise (flux de 25.000 véhicules par jour dû à l’importance des migrations pendulaires transfrontalières) génère des problèmes de sécurité routière, de pollution,
des nuisances phoniques et contribue à la dégradation des bâtiments dans l’artère centrale. Ce contournement constituera une jonction entre l’A30 française et l’A4 luxembourgeoise et permettra la
desserte du pôle de Belval, classé OIN par le Président de la République. La réalisation de cette route, dont la maîtrise d’ouvrage est assurée par le département de la Moselle avec des
financements complémentaires de la Région Lorraine, du Grand Duché de Luxembourg et de l’Europe, est actuellement ralentie par des études environnementales et des recours administratifs qui ne
doivent pas constituer des freins à son achèvement. Il me semble que des mesures compensatoires peuvent en effet être trouvées, notamment s’agissant des questions d’habitat pour la faune.
D’autres alternatives que le route sont également inscrites dans ce projet consolidé du SNIT pour notre région. Ainsi, je suis extrêmement favorable au désenclavement fret (Ligne
Luxembourg-Perpignan) et fluvial de la Lorraine (liaison Saône-Moselle).
Ces aménagements sont essentiels pour notre territoire et devraient permettre à notre région si durement éprouvée par la crise de devenir à terme une plaque tournante logistique au sein de la
Grande Région dont la Lorraine vient de prendre la présidence le 1er janvier dernier.
S’agissant du fluvial, je fais cependant le constat comme Jean-Pierre MASSERET, président de la Région Lorraine, que le projet de liaison Saône-Moselle n’apparaisse plus comme prioritaire dans
votre version. Dans ce SNIT consolidé, le projet Saône-Rhin y apparaît en effet au même niveau que la liaison Saône-Moselle, dont il devait n’être au départ qu’un projet complémentaire.
En quelques lignes, voici les éléments que je souhaitais apporter à votre consultation dans l’espoir qu’ils recueillent un avis favorable,
Restant à votre entière disposition pour de plus amples informations, je vous prie de croire, Madame le Ministre, en l’expression de ma très haute considération.
Michel LIEBGOTT
Commentaires